Laudato Si N°17
pour lire Laudato Si en version PDF, c’est par ICI
Par de chiffres ce mois-ci mais un article rédigé pour l’ECRIsalésien. Inspirant pour notre province je l’espère.
Nous sommes dimanche. Jour du Seigneur pour nous, chrétiens, mais aussi jour de désoeuvrement pour un certain nombre de jeunes de mon quartier de Lille Sud, quartier « politique de la ville » (les anciens « quartiers prioritaires »).
Mon téléphone sonne. Les enfants d’une famille que j’accompagne au bout de la ligne.
– « On peut venir chez toi ?
– Je dois écrire un article.
– On peut t’aider ?
– C’est compliqué de m’aider. »
Finalement je craque. Je leur dis de venir. L’appel à la Vie pour eux est trop fort. En plus, j’ai besoin de tondre un minimum le jardin, ils aiment ça et sont très dégourdis. Avec cette fratrie, nous avons humé avec joie le parfum de la menthe, admiré un escargot sortir de sa coquille. Ils ont découvert ses antennes, son pied, son affection pour l’eau. Eh oui ! Quand on a grandi sur le béton, pas besoin d’hectares. Un mini jardin recèle déjà tant de trésors. Les enfants de l’école, située juste à côté de
notre maison communautaire, quant à eux, aiment les fleurs. Ramasser des pétales de magnolia tout doux ou des fleurs fanées de camélia ! Rien de tel pour les voir rayonner. Les enfants aiment le contact avec la nature. Là est mon espérance.
Je vois bien sûr la saleté de la cour de l’école mais être chrétiens nous appelle à porter un regard d’amour sur le monde.
Une autre grande joie est la parole et l’engagement de l’Eglise sur cette question. Merci au pape François pour son encyclique Laudato Si’ et la suite, l’exhortation apostolique Laudate Deum. D’autres papes avaient écrit à ce sujet mais aucun n’était parvenu une telle diffusion. Quelle audace aussi d’écrire : « je voudrais m’adresser à chaque personne qui habite cette planète » (LS3). Que de germes en croissance depuis 10 ans : l’Eglise verte, Laudato Si Mouvement, Lutte et contemplation, Greenfaith …
Bien sûr, l’avancée est lente et ça pourrait être désespérant. Je préfère y voir un chemin synodal. Pas simple de se mettre d’accord pour modifier des habitudes personnelles, communautaires, paroissiales… Cela demande de prendre en compte les cultures, les générations, les coutumes familiales et personnelles.
Prenons un exemple : l’alimentation. La viande a un fort impact environnemental ; diminuer sa consommation est donc un enjeu important. En France, en général, les repas ne se conçoivent pas sans viande. Dans ma paroisse, la communauté africaine est importante et le poulet, un incontournable. Ne pas manger de viande rappelle aux plus âgés les restrictions imposées lors de la guerre. Il faut composer avec tout cela pour avancer ensemble. Les temps de discussion sont très importants pour avancer ensemble sinon le risque de clivage est grand. Il faut tenir l’unité sans avoir peur des tensions qui peuvent aider à avancer si elles sont bien gérées. “Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin”. La conversion est lente par essence. Il ne s’agit pas de changer d’habitudes pour changer d’habitudes mais de changer radicalement de mode de vie pour vivre mondialement en frères. Protéger et habiter notre maison commune. « Nous avons besoin d’une conversion qui
nous unisse tous. » (LS 14).
La saison de la création est terminée mais bonne suite de route.
