La lettre du VIDES n°33 octobre 2019

Ce nouveau numéro vous propose un tour d’horizon de nos jeunes rentrés de mission ou de ceux qui partent cette année.

Editorial: La Bienveillance p.2
Le Conseil de Pilotage informe! p.3
Le temps source, avril 2020 p.4
Si Tromp savait… p.5
Anne-Sophie, arrivée de Tijuana p.7
Amadine, fin d’une belle expérience p.9
La relecture VIDES 2019 p.11
Moïse à Bollington p.12
Pierre est rentré du Mexique p.14
Chantal, volontariat local à Farnières p.16
Pierre -Olivier à Farnières p.17
Marie Croon, un récit graphique, no comment ! p.18
Moi aussi je vais partir en Volontariat p.20

Bonne lecture : lettre 33

Campagne de financement participatif – On compte sur vous !

Nous dirigeons et animons une école maternelle et primaire de 600 élèves, en Tunisie, à Menzel Bourguiba.

A la demande de la tutelle du réseau scolaire salésien et pour la première fois, une semaine de formation à Paris est organisée pour toute l’équipe éducative, soit 25 personnes du 19 au 26 mars 2019.

L’idée étant que l’équipe enseignante puisse se former à de de nouvelles approches pédagogiques, qu’elle puisse s’ouvrir à l’histoire et à la culture française, enfin se nourrir de l’esprit et de la pédagogie de don Bosco.

Pour financer cette semaine de formation nous comptons, comme don Bosco le faisait, sur la Providence et donc l’aide de tout ceux et celles qui le peuvent.

Tous les dons comptent et vous pouvez payer en ligne en toute sécurité.

Vous pouvez retrouver la campagne en cliquant sur ce lien : Formation de l’équipe pédagogique tunisienne du réseau scolaire salésien à Paris

Merci pour votre aide. Sachez que toutes les soeurs salésiennes prient tous les jours pour leurs bienfaiteurs. Soyez déjà assuré(es) de notre prière.

Sœur Catherine Fino, Professeur de théologie à la Catho… une mission au rythme salésien.

Sœur Catherine Fino est professeur au Théologicum et secrétaire du Département de morale à l’Institut Catholique de Paris. Née le 29 novembre 1958 à Saint-Maur des Fossés, en banlieue parisienne dans une famille anticléricale, elle s’est « convertie » à l’adolescence, et a fréquenté la JICF puis l’ACI pendant ses études, accompagnée par le Père salésien Gilles Pincé. Elle est entrée à « l’aspirandat » à la communauté de Paris-Providence en 1987, une fois soutenue sa thèse de médecine. Elle a fait profession dans notre Institut le 5 août 1990 et a été envoyée à Paris, Thonon-les-Bains, Marseille et Mitry. Catherine a ensuite repris des études en Théologie et a soutenu sa thèse de doctorat le 30 novembre 2007 qu’elle a ensuite publiée sous le titre : « L’hospitalité, figure sociale de la charité. Deux fondations hospitalière à Québec ». Il nous a semblé utile, dans un esprit de partage fraternel, de lui demander de préciser en quoi consiste exactement sa mission. Voici la réponse :

Sr Catherine Fino 1Pour découvrir l’ambiance d’une journée de théologienne à l’Institut catholique de Paris, le voyage aller se fait dans le métro et on atterrit un peu au-dessus du quartier de Saint-Germain des Prés.

Cours et séminaires…

La journée se partage entre plusieurs activités. Il y a d’abord les heures de cours ou de séminaires : la pédagogie est variée, de l’enseignement magistral mais aussi des exposés, des temps de débat animés par moi ou supervisés quand ce sont les étudiants qui les mènent, des discussions animées où il faut donner des clés de lecture, repérer quand l’un ou l’autre projette ses idées sur ce que dit l’auteur, expliquer où est le nœud du débat et veiller au respect et à l’écoute réciproque quand des désaccords éclatent.

Nos convictions sur des sujets d’éthique politique, familiale, bioéthique, sont souvent autant existentielles que pastorales, pour ces prêtres venus de divers pays d’Afrique ou d’Asie, mais aussi pour les séminaristes ou jeunes prêtres français et les quelques laïcs, souvent des femmes, parfois des séminaristes des Eglises d’Orient ou orthodoxes.

Chacun apporte avec soi son expérience, sa culture, ses difficultés à s’acclimater en France, parfois sa solitude ou à l’inverse trop de charges pastorales dans la paroisse ou la communauté qui l’accueille, une première formation théologique souvent différente. Les « français » intéressés par la « morale » ont une expérience professionnelle variée, dans le management ou l’ingénierie, l’armée, la médecine, le droit, etc., sans compter leur expérience familiale et ecclésiale.

Je retrouve des éducateurs et des animateurs en pastorale quand j’enseigne à l’Institut supérieur de pédagogie catéchétique, en ce moment un cours sur : « Ethique, éducation, famille », et le suivi de plusieurs mémoires.

Accompagnement des étudiants…

Catherine à la FACLe reste de la journée, je rejoins mon port d’attache à la faculté, le bureau de la secrétaire du Département de morale, pour le suivi pédagogique des étudiants et des programmes – une avalanche de mails -, les multiples rendez-vous de tutorat ou d’accompagnement des mémoires ou des thèses, et le versant administratif bien chronophage pour organiser tel colloque ou journée facultaire sur la Catho (quatre ou cinq projets en cours pour 2017-2018) et préparer les conférences ou formations en diocèse, voire quelques incursions au Lycée Don Bosco ou pour le personnel des communauté de sœurs aînées.

Autres réunions… dans d’autres lieux enrichissants.

Je rejoins aussi souvent l’une ou l’autre réunion : le comité de rédaction de la revue de la Catho (Transversalités) ou de la revue de notre association de moralistes, tel comité scientifique ou comité éthique : la Chaire Bien commun, avec les collègues des Bernardins, la Chaire Rodhain, avec le Secours catholique, le département de bioéthique du Centre Sèvres, le comité éthique de l’Association des frères de Saint-Jean de Dieu. Ce sont des lieux enrichissants pour les rencontres qu’on y fait, les échanges d’idées, auxquels s’ajoutent les moments où je peux me déplacer sur place pour une formation ou conférence (formation diocésaine, monastère, association, etc.). A tout cela se sont ajoutés les « cadeaux » et les dépaysements de la théologie : des colloques au Québec, et les deux beaux voyages au Vietnam en 2016 et à Kinshasa ce mois de janvier 2017.

Retour à la communauté !

Le soir, retour au logis, plus ou moins tôt, souvent vers 20H30. Une universitaire gère l’organisation de son temps de travail, ce qui veut dire que je cours pour essayer de répondre aux urgences au jour le jour, et que je tente de préserver une journée en communauté sur la semaine et le maximum de WE.

Com Paris NDL format 1200x900Une fois en communauté, c’est l’art de « préparer les valises » pour le reste de la semaine. Il faut rédiger les conférences et les cours nouveaux, préparer les programmes de lecture des séminaires, relire et compléter ce que l’on reprend d’une année sur l’autre : en morale familiale, bioéthique, éthique éducative, les choses évoluent très vite, les lois aussi, et les synodes se succèdent à Rome.

Il faut aussi assurer le temps de la recherche, où il y a toujours un article sur le feu, qui était à envoyer « pour avant-hier », et des projets à plus long cours.

Je me partage entre la thématique de ma thèse (la charité soignante et éducative), le volet de l’éthique catéchétique et éducative (mon « poumon » salésien), et depuis quelques temps la gestion des mutations anthropologiques contemporaines, du « gender » et autres théories de la déconstruction à l’impact du numérique et de la robotique, le prochain thème de notre groupe de recherche.

Réflexion théologique…et rédaction d’articles.

Je réfléchis en ce moment sur la manière dont la théologie peut accompagner la manière dont nos contemporains déplacent les normes et créent de nouvelles manières de vivre pour s’adapter à des situations inédites, sans renoncer à poser un jugement éthique. Il s’agit de plonger dans la culture « post-moderne » pour que les chrétiens de demain y vivent de manière positive et pas seulement en résistance !

La recherche universitaire se vit aujourd’hui au rythme des exigences de l’HCERES (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), de la préparation d’une HDR (Habilitation à diriger des recherches dans l’Université publique), etc. 

Il faut faire du nombre et de la qualité (publication dans des revues de haut niveau), de l’interdisciplinaire, répondre aux sollicitations du doyen ou du recteur (un recteur moraliste, ce n’est pas vraiment reposant), suggérer des pistes qui conviennent aux collègues pour le travail du département, et maintenir le cap de son propre axe de recherche ! Cela passe aussi par le soin de la convivialité entre collègues pour éviter qu’on nous mette en concurrence et discerner ensemble les réponses à donner.

La Catho est propice à une convivialité de type « resto » avec les uns et les autres, et à une convivialité « ecclésiale » lors des célébrations et rencontres facultaires, ou à l’occasion de tel ou tel colloque. Il y a aussi la solidarité dans l’adversité, lors de la maladie et du décès cet été de notre collègue ecclésiologue Laurent Villemin.

La théologie : une belle mission !

Voilà : la théologie est une belle mission ! On y trouve toutes les « couleurs » de l’Eglise, on essaye d’équiper au mieux des pasteurs et des acteurs ecclésiaux de toutes nationalités, on n’hésite pas à recourir à un zeste de pédagogie salésienne. Evidemment, il y a toujours un brin d’insécurité : la charge de travail, la parole risquée devant les collègues, les réductions budgétaires, les rivalités diverses…Mais ce partage des conditions de la vie professionnelle commune est aussi un gage de crédibilité, et nos fragilités nous stimulent à choisir de vivre selon l’Evangile : dépasser la concurrence pour privilégier la confiance mutuelle et l’entraide entre collègues ; partager nos intuitions et nos compétences ; soigner l’attention envers chacun et recevoir force et joie au fil des rencontres et des gestes fraternels. D’un côté, la foi, l’espérance et la charité quotidienne construisent la communauté universitaire et restaurent notre engagement au service de l’Eglise.

Comme salésienne, je suis attentive à vivre ce chemin quotidien de conversion en union avec les jeunes qui construisent leur avenir face aux défis du monde contemporain. De l’autre, il s’agit de s’abandonner assez pour « oublier tout » et se rendre disponible pour la lecture, l’écriture ou l’enseignement qui apportent beaucoup de découvertes et de rencontres. Avec Marie-Dominique et Don Bosco, soyons toujours joyeux : « La joie du Seigneur est notre rempart ». 

Sr Catherine Fino – août 2017

Portrait de Marie Vaillant : J’étais ingénieure… Dieu m’a voulue salésienne !

Marie VAILLANT poursuit actuellement sa seconde année de noviciat à Castelgandolfo en Italie. Interviewée par une journaliste de « Avvenire », quotidien italien d’inspiration catholique, qui enquête sur la vie religieuse, elle explique son parcours.

    « Les origines de ma vocation ? Je me suis sentie écoutée et aimée des jeunes. Je suis attirée par eux, spécialement par les plus pauvres. Ce sont eux qui me conduisent à Jésus. »

Marie Vaillant irradie la joie salésienne. « Mon histoire est très simple – dit-elle – je suis née dans une famille catholique à Lille en France. Enfant, je pensais déjà à la vie religieuse, mais en grandissant je me suis dit que ce n’était pas pour moi. J’étais aussi convaincue que je n’aurai jamais à travailler avec des jeunes, mais il y a les surprises de Dieu !

Marie est diplômée ingénieure et commence une brillante carrière professionnelle. Marie et AEn 2011, elle accepte d’accompagner un groupe de jeunes aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid. Au retour, elle demande à recevoir la Confirmation. Le groupe de préparation au sacrement est guidé par une FMA. Cette sœur, ensuite, propose à Marie de donner un coup de main pour le groupe scout qui se réunit régulièrement dans la maison des sœurs.

« Une de mes collègues de travail me lance la même invitation – souligne Marie – je suis obligée de constater que deux personnes différentes me font la même proposition et j’accepte. Je n’avais jamais animé un groupe de jeunes mais l’accueil que je reçois de ces scouts est merveilleux ! En outre, je touche du doigt combien est intense et contagieuse la joie des FMA. Ainsi, je sens que j’ai trouvé ma maison et je décide de présenter ma demande pour devenir sœur.

Depuis 2014, je me trouve dans ce noviciat international. Nous sommes onze : cinq proviennent de différents pays d’Europe, une de la Jordanie et cinq italiennes. A Rome, le long de la Via Appia, se trouve un autre noviciat qui accueille une quinzaine de jeunes. Nous sommes toutes très heureuses. »

Je lui demande ce qui l’attire dans le charisme salésien. « Il y a tant de choses qui me plaisent – répond-elle – en particulier, cette façon de vivre avec simplicité jour après jour, en basant tout sur Dieu. Ceci est le fondement de la joie typique des salésiens. Srs Arricia

C’est beau de travailler pour aider les jeunes à découvrir le sens de leur vie, nous accompagnant et nous aidant réciproquement. Pour moi, la mission est d’annoncer Jésus, cherchant à vivre moi-même ce que je dis pour que mes paroles ne soient pas vaines.  Je me sens poussée par ces jeunes spécialement les plus pauvres. Ils nous donnent tant !  

Comme l’a écrit dans l’Etrenne 2018, le Recteur Majeur des Salésiens, Don Àngel Fernàndez Artime, nous salésiens, sommes appelés à vivre la joie de la vocation dans l’amour. 

                                         Donatella Coalova – « AVVENIRE » 

Soeur Bernadette Masson : infatigable missionnaire…

Sœur Bernadette MASSON est actuellement à la Maison Provinciale de Paris Bernadette et Clémenceafin de se reposer après 23 ans de présence à Madagascar. De nombreuses volontaires la connaissent et déjà, quelques-unes sont venues lui rendre visite ! Nous lui avons demandé de parler de son parcours marqué par des responsabilités, des évènements bouleversants et des rencontres inoubliables.

L’enfance

Je suis née à Nîmes, au sud de la France, juste avant la déclaration de guerre de 1940. Très vite mon père fut enrôlé dans l’armée et devint prisonnier, il ne devait revenir que 6 ans plus tard. Ma grand-mère m’apprit, chaque soir, à prier Marie, pour ce papa que je ne connaissais pas.

Mon enfance fut donc marquée par ces évènements et ma vocation trouve là son origine. Toute petite je saisis dans les propos des adultes, qu’à chaque bombardement de nombreux enfants restent orphelins, et que d’autres, dont on parle à mots couverts, sont emportés loin des parents. Dans ma pensée d’enfant se forme l’idée qu’une fois grande j’accueillerai tous les orphelins dans une grande maison.

A son retour, mon père nous transmet sa grande confiance en Dieu ainsi que le respect des ennemis. La famille s’agrandit par l’arrivée de ma sœur et de mes deux frères. Pendant toutes les années qui viennent j’aiderai beaucoup mes parents dans le commerce qu’ils doivent remonter. Je vais dans une école catholique et après une visite de toute la classe de 7ème au Carmel, je comprends que c’est à Jésus que je donnerai toute ma vie. A partir de la seconde, j’irai au Lycée public à majorité protestante où il y a beaucoup de débats et où chacun peut rendre compte de sa foi.

Bousculée par le quotidien…

Après le bac, j’informe mes parents de ma décision d’être religieuse.  Ils exigent que j’attende la majorité. Donc je continue des études à Montpellier, travaille comme enseignante dans une école et suis catéchiste et animatrice d’enfants.  Temps de grand bouillonnement : à l’université la plupart des cours sont fondés sur la négation de Dieu, tandis que la paroisse universitaire très active nourrit notre enthousiasme : c’est à partir de là que de nombreux juifs ont été sauvés, c’est là que Simone Weil rencontra le Portrait Bernadette Massondominicain qui l’accompagna dans sa recherche de l’absolu de Dieu et du don de sa vie.  Là aussi, on manifeste contre la guerre d’Algérie et on lit les lettres de Charles de Foucauld, et c’est lui que je pense suivre.  En même temps un groupe surgit, animé par un Franciscain qui nous fait découvrir la Bible : parole de Dieu et parole d’hommes bousculés par le quotidien. Dans ma tête et ma vie, c’est le chaos ! Je tombe malade et dois me reposer, pas d’animation, de colo.  Désirant hâter la fin des études, j’obtiens l’autorisation d’anticiper un examen d’anglais et la Providence me conduit, à la Côte Saint André, où se trouve une jeune anglaise, ancienne élève des salésiennes, décidée à vivre comme elles.  

Don Bosco et les salésiennes !

C’est dans cette maison des FMA que je découvre à la fois Don Bosco et une communauté joyeuse, priante, donnée aux jeunes. Peu à peu avec l’accompagnement d’un salésien des premières générations, le Seigneur m’oriente vers Don Bosco.  Le postulat sera à la « Villa Pastré » à Marseille, pendant lequel je suis la formation théologique plutôt d’avant-garde des catéchistes professionnels, puis le noviciat en France et en Italie.

Ma première profession en 1965 est suivie de la demande missionnaire. C’est la fin du Concile Vatican II. On me fait continuer une formation à Turin mais je m’oppose à plusieurs enseignants qui semblent ignorer le Concile et je le dis tout haut. C’est un scandale ! Je dois mon salut à l’intelligence et à la compréhension de Mère Angela Vespa qui prend le temps et la liberté de construire, avec moi, un programme basé sur certains cours mais surtout sur Don Bosco et la pédagogie salésienne que je désire approfondir, tandis que le dimanche je participe à l’accueil des jeunes des quartiers populaires de Turin au Campo Laura Vicuna. Mère Angela me dit ensuite que pour le moment ma mission est en France et je suis envoyée à Pastré comme enseignante des jeunes professes et à l’inter – juniorat de Marseille et aussi assistante des internes.

Les années 70…

A partir de 1968, je serai directrice du collège et lycée Sévigné à Marseille. La révolution culturelle vient d’éclater ! Aussi la tâche de la communauté est-elle rude, mais elle peut compter sur la collaboration de laïcs habitués à porter des responsabilités dans l’esprit de Don Bosco. Ce fut une période, parfois difficile mais très belle de vie fraternelle et de proximité avec les jeunes.

En 1986, c’est la succession de Sœur Nadia comme provinciale de la Province du Sud « Notre Dame de Lourdes » qui m’attend. La tâche me paraît au-delà de mes possibilités mais à travers lumières et brouillard le Seigneur conduit la barque. Quelques rares vocations naissent, les activités de pastorale des jeunes se multiplient surtout à l’occasion du Centenaire de la mort de Don Bosco.

Dans le camp de réfugiés burundais…

A la fin de cette période comme le désir missionnaire me poursuit, je suis envoyée un an à Rome pour m’occuper de jeunes de Géorgie qui pensent à la vocation.  On me donne ensuite ma destination : Haiti mais la direction sera changée par le Rwanda, en période de guerre sourde qui prépare l’éclatement du génocide. Avec JeunesJe fais une brève expérience dans un camp de réfugiés burundais et je retourne à Kamony, juste avant l’éclatement du génocide.

Petite communauté de 4 sœurs de 4 nationalités diverses, nous vivons les expériences les plus fortes de notre vie, dans l’ouverture des portes de l’école, pendant la nuit, à ceux qui s’enfuient et le partage de nos peurs, de nos faiblesses, de la prière et de la confiance. Et nous sommes sûres qu’à l’instant de cette nuit où nous devions mourir, quand les militaires arrivèrent à notre porte, c’est Marie avec sa petite image collée au portail de bambou qui fit éclater, entre eux, une dispute et qui inspira au chef de les faire partir. Le surlendemain, nous réussissons à nous enfuir vers le Burundi, en camionnette avec d’autres sœurs, au milieu de tant de gens qui fuient eux aussi mais qui ne trouveront que la mort.

Et la mission sur l’île rouge !

Et puis, c’est Madagascar la grande île rouge au bout du monde. Une réalité tout autre. Là, contrairement à mes attentes, je devrai de nouveau être déléguée de la Provinciale de Conegliano puis Supérieure de la Visitatoria « Marie Source de vie », avec le souci primordial de travailler à la formation, à l’implantation du charisme, à la pastorale des jeunes, au développement des Centres professionnels, à la collaboration avec nos frères salésiens et les laïcs…

C’est aussi l’adaptation à des cultures diverses : d’origine africaine sur les Côtes Ouest et Nord, Indonésienne et malaisienne sur les hauts plateaux. Je serai ensuite maîtresse des novices avec un temps de formation à Jérusalem qui marquera ma vie et celle des novices d’un amour passionné pour la terre et la Parole de Jésus, jusqu’au départ, en 2009, des novices pour la Côte d’Ivoire pour des raisons de nombre réduit et le besoin de rencontre avec d’autres novices de cultures différentes.

Mon grand désir d’être proche des enfants les plus pauvres, d’entrer dans leur monde culturel, de leur annoncer la bonne nouvelle de Jésus, a dû passer par un tout autre chemin. C’est celui que le Père avait prévu, à travers tous les tâtonnements, les difficultés dues au choc des cultures des missionnaires de nationalités diverses et de la culture malgache. C’est toujours à continuer et à recommencer. 

Des sœurs malgaches toutes données aux pauvres

avec elèvesA la fin de ma vie, ma joie est de voir tant de jeunes pauvres qui arrivent dans nos centres, écoles, oratorio, foyers et soutiens scolaires afin de trouver quelqu’un qui les aime, les aide à prendre confiance en eux-mêmes et à bâtir leur avenir. C’est aussi de voir la générosité de plusieurs de nos sœurs malgaches convaincues de la valeur de l’éducation salésienne, toutes données au service des enfants des quartiers ou des campagnes les plus pauvres. C’est à elles de contribuer à l’enracinement et à l’engagement social de la foi chrétienne dans un pays où 92% de la population est en – dessous du seuil de pauvreté et de travailler avec les jeunes pour qu’ils deviennent participants actifs de leur développement et missionnaires des jeunes…

Depuis septembre 2019, Sr Bernadette a rejoint la communauté de Lille (France).

Sr Bernadette Masson  Paris – novembre 2017

Assemblée Provinciale : à l’écoute des jeunes !

Plus de soixante sœurs salésiennes se sont retrouvées début novembre au lycée Don Bosco de Lyon pour leur Assemblée Provinciale. Leur Province est encore toute jeune : « Notre Dame des Nations » fête deux ans d’existence.

Sœur Geneviève Pelsser, Provinciale, a retracé les pas effectués au cours de ces deux années et l’accueil des Constitutions réactualisées en Belgique et en France.20171031_091041

Les projets communautaires sont articulés avec une vision du territoire

Nous avons ensuite pris connaissance des différents projets communautaires à travers trois critères :

L’engagement des communautés sur le territoire,
Vivre la différence,
Développer la pédagogie vocationnelle.
Nous avons analysé les projets communautaires selon les trois thématiques. Grâce à la dynamique mise en place par les différentes conseillères, nous avons passé un excellent moment de fraternité en prenant davantage connaissance des maisons, des réalités socio-culturelles et ecclésiales, des défis soulevés et des propositions parfois audacieuses.
La qualité de la parole, de l’échange, de l’écoute

Nous avons écouté une vidéo où quelques jeunes et adultes parlent de nous, nous interpellant sur notre mission.

« Nous avons besoin de votre présence… nous avons 23120276_482258995487762_1065662141789656237_obesoin d’un accompagnement ! Allez dans les lieux où vous n’êtes pas et où sont les jeunes… à l’aumônerie, nous avons des salésiens mais pas de salésiennes ! »
« J’ai visité l’oratoire à Turin, c’était super ! Je rêve d’un oratoire chez nous ! »
« Je crois très fort au Défi Citoyenneté ! Faîtes-vous connaître ! On ne vous voit pas assez ! Il faut communiquer davantage. »
« Les sœurs âgées portent des richesses qu’il est important de partager… Pourquoi pas des communautés intergénérationnelles ? »
Nous avons identifié les appels missionnaires : développer l’intériorité , nous rendre disponible pour l’écoute et l’accompagnement spirituel des grands jeunes ; rejoindre les plus pauvres ; être une présence éducative auprès d’eux, et auprès des migrants ; renforcer notre travail en réseau ; communiquer davantage notre charisme ; dynamiser les foyers d’étudiantes,…

Oui, nous avons vécu une belle rencontre, dans la profondeur, le respect, la joie…dans l’enthousiasme aussi car, comme quelqu’un le constatait : « Ce que nous sommes en train de vivre en assemblée… dans la qualité de la parole, de l’échange, de l’écoute… tout cela est déjà le terreau de la transformation de la province ! »
Sœur Marie-Bé Scherperel
Sœurs salésiennes de Don Bosco

Les voeux de Sr Sandrine Gilles comme une note sur une portée musicale

Le 7 octobre dernier, sœur Sandrine Gilles faisait profession perpétuelle chez les Sœurs salésiennes de Don Bosco. Le temps de fête autour des vœux à Farnières a duré trois jours du vendredi 6 au dimanche 8 octobre 2017. Quelques notes de musique qui vont changer sa vie.

Le vendredi 6, une veillée spirituelle rassemble une soixantaine de personnes dans la chapelle de Farnières : jeunes du Mouvement Salésien des Jeunes, du Campobosco, du VIDÈS, d’Ephata, du patro, des oratoires… et adultes de la Famille SalésienneVolontaires de Don Bosco, Salésiens de Don Bosco, Salésiens Coopérateurs, amis de Farnières, famille et amis de Sr Sandrine.

Plusieurs témoignages évoquent leur engagement en réponse à l’appel de Dieu : leur vocation religieuse salésienne, l’amitié fidèle, l’implication dans la Famille Salésienne. Durant la marche silencieuse dans la nuit jusqu’à l’étang, nous avons déposé des bougies flottantes symbolisant les personnes qui sont lumière dans nos vies.

Lfma-voeux-sandrine-002-e samedi 7 octobre matin, les enfants de 5-11 ans sont invités à un voyage autour du monde avec Don Bosco et Marie-Dominique : Frère Pierre-Jean et Sœur Anne Méjat. Dans l’église paroissiale de Vielsalm, les voix et les instruments de musique des jeunes de Louvain-la-Neuve et de Farnières s’accordent.

« Le oui de sœur Sandrine vient de loin »

La célébration commence par cette belle introduction qui donne le ton : Le « oui » que Sr Sandrine dit vient de loin… Il a sa source dans le « oui » de Dieu à l’humanité. Un « oui » qui comme un chant d’amour ne cesse de donner et redonner la vie, et d’appeler l’homme à joindre sa voix à la mélodie. Ce « oui » de Dieu est comme une portée musicale sur laquelle toutes les notes de la vie de Sandrine peuvent prendre place et trouver leur sens.

Le « oui » comme une portée musicaleIMG_6547

Sur cette portée, il y a les notes de Sandrine et il y a aussi des notes qui lui ont été données par sa famille, les personnes qui l’ont accompagnée, les jeunes… C’est l’ensemble de ces notes qui constituent le « oui » d’aujourd’hui. Sandrine choisit de répondre à Dieu, non pas en donnant une note ou une mélodie passagère, mais en donnant toute la partition. Comme tant d’hommes et de femmes, comme Don Bosco et Marie-Dominique.

C’est sur cette portée musicale inscrite sur une toile que Sr. Sandrine s’allonge, face contre terre pendant la litanie des saints. Cette attitude de prostration exprime la vénération devant la grandeur de Dieu et le désir d’abandon entre ses mains.

Après cette célébration, l’assemblée est invitée à l’apéritif préparé par les Salésiens Coopérateurs de Farnières, aidés par des sœurs de la province, dans les salons du château du Domaine de Farnières, suivi du repas de fête avec plus de 200 personnes.voeux de Sr Sandrine 7.10 (3)

Voici quelques extraits de l’homélie du P. Gérard Durieux, sdb pour conclure :

« Va, va vers les jeunes, Sandrine et tous ceux qui croiseront ton chemin, dans Sa Paix et Sa Joie ! Continue à faire confiance à la voix du Souffleur, de l’Esprit qui est Dieu en toi, comme une source d’inspiration… Tes sœurs, tes amis, tes parents t’accompagnent et comptent sur toi. Bonne route ! Que le Seigneur achève en toi ce qu’Il a commencé… ».